Benoît XVI

Prière pendant la vacance du siège

 

 

 

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Très Sainte Vierge Marie,
Eve nouvelle,
Mère de ceux qui ont été rachetés par le Sang Précieux de votre divin Fils,
Mère de l’Eglise et notre Médiatrice,
nous recourrons à votre toute puissante intercession :

Vous présidiez à la prière des Saints Apôtres, dans le Cénacle,
et vous avez disposé leurs âmes à recevoir
les lumières, la force et la plénitude des dons du divin Paraclet ; 

Intercédez et agissez aujourd’hui encore
pour obtenir à l’assemblée sainte des cardinaux
toutes les grâces de clairvoyance et de discernement
qui devront éclairer et guider leur choix,
dans l’élection du Pontife Suprême de la Sainte Eglise Romaine ;

Intercédez et agissez pour qu’en ce nouveau Cénacle,
affranchis de toute considération humaine,
uniquement préoccupés de la Gloire de Dieu,
attentifs aux seuls intérêts spirituels de l’Eglise et de nos âmes,
dont ils auront à rendre compte devant le Juge Eternel,
ils soient pleinement ouverts aux lumières du Saint-Esprit ;

Intercédez et agissez
afin que, dans une parfaite docilité aux inspirations de la grâce,
ils nous donnent un Pape selon le Coeur de Dieu,
un Pape selon le Coeur du Bon Pasteur :
pour faire paître agneaux et brebis en sécurité,
hors de l’atteinte du loup rapace,
dans les pâturages de la saine doctrine évangélique,
préservant le troupeau de tout ferment d’erreur et d’hérésie ; 

Intercédez et agissez dès à présent
dans le coeur de celui qui sera élu pour être ici-bas le Vicaire de votre Fils :
obtenez-lui toutes les grâces nécessaires
pour marcher sur les traces des Saints Pierre et Paul,
colonnes de cette Eglise de Rome,
et sur les traces de tous les saints Pontifes
qui ont gardé dans sa pure intégrité et ont fait resplendir
la Tradition reçue des Saints Apôtres.

Sainte Marie, Mère de Dieu et notre Mère toute miséricordieuse,
priez pour l’Eglise dont vous êtes la Mère,
priez pour nos cardinaux,
priez pour le conclave!

Ainsi soit-il!

* * *

Saint Pierre et Saint Paul, priez pour nous!
Saint Joseph, patron de l’Eglise universelle, priez pour nous!
Saint Michel, gardien et défenseur de la Sainte Eglise, priez pour nous!
Saint Clément et Saint Calixte, priez pour nous!
Saint Sylvestre et Saint Damase, priez pour nous!
Saint Léon le Grand et Saint Grégoire le Grand, priez pour nous!
Saint Pie V et Saint Pie X, priez pour nous!
Tous les Saints Pontifes de l’Eglise Romaine, priez pour nous!


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En réponse aux messages des cardinaux à l'occasion des voeux (21/12/12)

Comme étapes ultérieures de l’année qui touche à sa fin, je voudrais mentionner la grande Fête de la Famille à Milan, ainsi que ma visite au Liban avec la remise de l’Exhortation apostolique post-synodale, qui maintenant devra constituer, dans la vie des Églises et de la société au Moyen-Orient, une orientation sur les difficiles chemins de l’unité et de la paix. Le dernier événement important de cette année qui s’achève a été le Synode sur la Nouvelle Évangélisation qui a été en même temps un commencement communautaire de l’Année de la Foi, par laquelle nous commémorons l’ouverture du Concile Vatican II, il y a cinquante ans, pour le comprendre et l’assimiler de nouveau dans une situation changeante.

Avec toutes ces occasions on a abordé des thèmes fondamentaux de notre moment de l’histoire : la famille (Milan), le service de la paix dans le monde et le dialogue interreligieux (Liban), ainsi que l’annonce à notre époque du message de Jésus Christ à ceux qui ne l’ont pas encore rencontré et aux nombreuses personnes qui le connaissent seulement de l’extérieur et qui, justement pour cela, ne le reconnaissent pas. Parmi ces grands thèmes je voudrais réfléchir un peu plus en détail surtout sur le thème de la famille et sur la nature du dialogue, pour ajouter ensuite encore une brève annotation sur le thème de la Nouvelle Évangélisation.

La grande joie avec laquelle des familles provenant du monde entier se sont rencontrées à Milan a montré que, malgré toutes les impressions inverses, la famille est forte et vivante encore aujourd’hui. Cependant la crise qui – particulièrement dans le monde occidental – la menace jusque dans ses fondements est aussi incontestable. J’ai été frappé du fait qu’au Synode on a souligné à maintes reprises l’importance de la famille pour la transmission de la foi, comme lieu authentique où se transmettent les formes fondamentales du fait d’être une personne humaine. On les apprend en les vivant et aussi en les souffrant ensemble. Et ainsi, il apparaît avec évidence que la question de la famille n’est pas seulement celle d’une forme sociale déterminée, mais celle de la question de l’être humain lui-même – de la question de ce qu’est l’être humain et de ce qu’il faut faire pour être de façon juste une personne humaine. Dans ce contexte, les défis sont complexes. Il y a avant tout la question de la capacité de l’homme de se lier ou de son manque de liens. L’être humain peut-il se lier pour toute une vie ? Cela correspond-il à sa nature ? N’est-ce pas en opposition avec sa liberté et avec la dimension de son auto-réalisation ? L’être humain devient-il lui-même en demeurant autonome et en entrant en contact avec l’autre uniquement par des relations qu’il peut interrompre à tout moment ? Un lien pour toute la vie est-il en opposition avec la liberté ? Le lien mérite-t-il aussi qu’on en souffre ? Le refus du lien humain, qui se répand toujours plus à cause d’une compréhension erronée de la liberté et de l’auto-réalisation, comme aussi en raison de la fuite devant le support patient de la souffrance, signifie que l’homme demeure fermé sur lui-même et, en dernière analyse, conserve son propre « moi » pour lui-même, et ne le dépasse pas vraiment. Mais c’est seulement dans le don de soi que l’être humain se réalise lui-même, et c’est seulement en s’ouvrant à l’autre, aux autres, aux enfants, à la famille, c’est seulement en se laissant modeler dans la souffrance, qu’il découvre la dimension du fait d’être une personne humaine. Avec le refus de ce lien disparaissent aussi les figures fondamentales de l’existence humaine : le père, la mère, l’enfant ; des dimensions essentielles de l’expérience du fait d’être une personne humaine tombent.

Le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, dans un traité soigneusement documenté et profondément touchant, a montré que l’atteinte à l’authentique forme de la famille, constituée d’un père, d’une mère et d’un enfant – une atteinte à laquelle nous nous trouvons exposés aujourd’hui – parvient à une dimension encore plus profonde. Si jusqu’ici nous avons vu comme cause de la crise de la famille un malentendu sur l’essence de la liberté humaine, il devient clair maintenant qu’ici est en jeu la vision de l’être même, de ce que signifie en réalité le fait d’être une personne humaine. Il cite l’affirmation devenue célèbre, de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient ». Dans ces paroles se trouve le fondement de ce qui aujourd’hui, sous le mot « gender », est présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité. Le sexe, selon cette philosophie, n’est plus un donné d’origine de la nature, un donné que l’être humain doit accepter et remplir personnellement de sens, mais c’est un rôle social dont on décide de manière autonome, alors que jusqu’ici c’était à la société d’en décider. La profonde fausseté de cette théorie et de la révolution anthropologique qui y est sous-jacente, est évidente. L’être humain conteste d’avoir une nature préparée à l’avance de sa corporéité, qui caractérise son être de personne. Il nie sa nature et décide qu’elle ne lui est pas donnée comme un fait préparé à l’avance, mais que c’est lui-même qui se la crée. Selon le récit biblique de la création, il appartient à l’essence de la créature humaine d’avoir été créée par Dieu comme homme et comme femme. Cette dualité est essentielle pour le fait d’être une personne humaine, telle que Dieu l’a donnée. Justement, cette dualité comme donné de départ est contestée. Ce qui se lit dans le récit de la création n’est plus valable : « Homme et femme il les créa » (Gn 1, 27). Non, maintenant ce qui vaut c’est que ce n’est pas lui qui les a créés homme et femme, mais c’est la société qui l’a déterminé jusqu’ici et maintenant c’est nous-mêmes qui décidons de cela. Homme et femme n’existent plus comme réalité de la création, comme nature de l’être humain. Celui-ci conteste sa propre nature. Il est désormais seulement esprit et volonté. La manipulation de la nature, qu’aujourd’hui nous déplorons pour ce qui concerne l’environnement, devient ici le choix fondamental de l’homme à l’égard de lui-même. L’être humain désormais existe seulement dans l’abstrait, qui ensuite, de façon autonome, choisit pour soi quelque chose comme sa nature. L’homme et la femme sont contestés dans leur exigence qui provient de la création, étant des formes complémentaires de la personne humaine. Cependant, si la dualité d’homme et de femme n’existe pas comme donné de la création, alors la famille n’existe pas non plus comme réalité établie à l’avance par la création. Mais en ce cas aussi l’enfant a perdu la place qui lui revenait jusqu’à maintenant et la dignité particulière qui lui est propre. Bernheim montre comment, de sujet juridique indépendant en soi, il devient maintenant nécessairement un objet, auquel on a droit et que, comme objet d’un droit, on peut se procurer. Là où la liberté du faire devient la liberté de se faire soi-même, on parvient nécessairement à nier le Créateur lui-même, et enfin par là, l’homme même – comme créature de Dieu, comme image de Dieu – est dégradé dans l’essence de son être. Dans la lutte pour la famille, l’être humain lui-même est en jeu. Et il devient évident que là où Dieu est nié, la dignité de l’être humain se dissout aussi. Celui qui défend Dieu, défend l’être humain !

Date de dernière mise à jour : 07/03/2013

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